vendredi 15 février 2008

La FERME!!!

Mon blog, mon intimité...Je n'avais pas vraiment réalisé à quel point l'intimité est difficile à dévoiler, moi qui d'ordinaire n'a aucun mal à parler de moi...Mais parler de soi et livrer son intimité n'est pas la même démarche, je m'en rends compte depuis quelques semaines, lorsque je me dis "tiens, il faudrait vraiment que je nourrisse mon blog!". Pourquoi est-ce finalement si difficile?

Depuis le mois de décembre, je sens de nouveau cette désagréable sensation dans mon ventre: une espèce de poids, là, au creux de l'estomac, qui rend ma respiration difficile. Ce corps étranger, qu'on appelle angoisse, s'est invité sournoisement et fête son retour en fanfare. Je le connais bien, plus qu'il ne le croit, mais son génie est tel qu'il est difficile de le reconnaître, au début...

Ceci m'amène, comme avant, à chercher ailleurs un peu de réconfort, puisque mon intérieur ne me procure que gêne. Les douces notes grasses et sucrées qui m'attendent dans la cuisine vont bien réussir à aller écraser ce bonhomme d'angoisse en rétrécissant son espace vital dans mon ventre! Pas encore? Soit, on en rajoute...Pas encore? Allez,...!

Malheureusement, le mécanisme enclenché est toujours le même, et ce n'est pas l'espace vital de mon angoisse qui rétrécit, mais mon estime de moi qui disparaît...Je me déteste de ne pas contrôler mes mains, ma bouche, ma tête, sans pouvoir le comprendre. Je déglutis difficilement et sens le mal être grandir en même temps que mon abdomen, mais le plaisir théorique de la nourriture continue de prendre le dessus. Il est théorique, parce qu'en réalité, les saveurs s'effacent et mes pensées alternent entre prise de conscience de l'absurdité de la situation et dédramatisation de mes prises alimentaires gargantuesques...Bref, il n'y a aucun plaisir en fin de compte. Ma respiration est lourde, comme ma culpabilité. Mon corps lui aussi s'alourdit et je refuse l'image qu'il me renvoie, comme s'il était un sujet indépendant. Je voudrais le chasser, lui dire de ne jamais revenir et de me laisser tranquille. Je ne l'ai jamais aimé, ni maigre, ni mince: je le trouve toujours épais, encombrant, emmerdant.

Je le maltraite, il me maltraite en grossissant, et je le maltraite encore plus. Le cercle infernal est relancé depuis quelques semaines, et je me sens perdre les rènes. Je ne suis plus maître du jeu, ce qui, bien évidemment, régale mon bonhomme d'angoisse : je lui sers moi-même le caviar!



Lorsqu'il tire mes fils comme ceux d'un pantin, je finis par jeter l'éponge, un moment au moins. Je n'ai plus envie de combattre, je veux la paix. Je refuse cette situation schizophrénique, ce sentiment d'être manipulée par quelque chose d'extérieur à moi, qui n'existe qu'en moi!!! Comment comprendre? Comment l'expliquer? Comment ceux qui m'aiment peuvent-ils saisir ces absurdités?
Alors, je n'ai envie de parler à personne de tout ça, trop encombrée par ces deux "moi" qui s'opposent, trop soucieuse d'épargner mon entourage avec mes soucis auto-alimentés (!!).



Ma manière de mettre des barrières à ce dispersement est à chaque fois de croire fort en ma capacité de"réparation"...deux jours d'une discipline irréprochable et ce sera fini! Mais le temps montre que cette capacité là non plus, elle n'existe plus: deux jours! Une éternité! Intenable...Me revoilà plus nulle que nulle, ouvrant grand la bouche...Je l'ouvre de plus en plus, et la referme de moins en moins...Beaucoup de choses y entrent et trop peu en sortent, sans doute. L'ouvrir? la fermer? Pourquoi? Comment? quand???

C'est ma tête qui finit par éclater...

dimanche 6 janvier 2008

pas d'inspiration...

J'ai passé un très bon week end familial, j'ai réussi à lutter contre l'angine qui pointait le bout de son nez (merci maman et ses remèdes pleins de nature!), j'ai entendu dire qu'après deux refus des merveilleux postes proposés aux chômeurs par les merveilleux conseillers ANPE , il y aurait de terribles sanctions...J'aurai pas mal de choses à dire, mais voilà...Demain, c'est la reprise après deux semaines de délicieux moments de liberté, alors, j'ai pas d'inspiration...A demain?!

jeudi 3 janvier 2008

Satané drapeau rouge...

Depuis que je suis assistante sociale, je ne pense plus qu'à mon travail...En réalité, je crois que c'est ma désillusion qui m'obsède! Je me sens tiraillée, comme écartelée: d'un côté, mon vrai désir d'intervenir pour plus de justice (quel programme ambitieux!), de l'autre côté, la passivité de ce monde "du social" qui s'autocongratule pour ne pas déprimer...
C'est un peu comme si, moi et mes camarades volontaires pour se jeter dans l'arène, nous pouvions voir en permanence l'immense drapeau rouge de la misère s'agiter frénétiquement devant nous:"tu ne m'auras pas, tu ne m'auras pas!".
J'essaie d'avancer vers lui avec mes chaussures trop rigides qui me font laisser chaque jour un peu de ma substance: je saigne!

Le torrero, je ne le connais pas, mais j'avais bien repéré le Grand Schtroumpf, là bas, en première ligne, qui nous avait à tous promis de déployer son armée pour réduire ce drapeau à l'état de confetti...Il s'était déguisé en allié, mais voilà qu'il nous balance des peaux de banane à tout bout de champ, maintenant!
En réalité, la seule chose qu'il aura réussi à conquérir jusqu'à présent, c'est le coeur de Carla, la schtroumpfette...
De toute manière, je ne l'avais pas cru...

Aïe, j'ai trop mal dans ces chaussures qui ne me mènent à rien...Rien à faire, il faudra que je les enlève. Mais renoncer, alors que le drapeau rouge prend du poil de la bête devant cette assemblée fragile, c'est lâche...Les gradins, très peu pour moi!

La première étape est sûrement d'admettre que je dois panser mes blessures avant d'envisager un autre plan d'attaque. Il faut dire, à l'entrée, ils m'avaient pourtant bien demandé si j'avais les capacités masochistes suffisantes...

mercredi 2 janvier 2008

Mon espace très personnel...

A nouvelle année, bonnes résolutions!

Des bonnes résolutions, j'en ai formulées des tas, presque toujours dans le secret de mes pensées. Certaines commencent tout juste à s'évaporer dans le passé,
comme des aboutissements sur lesquels on ne revient pas. D'autres en revanche restent plantées devant moi à l'image d'un décourageant chantier...Mais nous en sommes sûrement tous là!

Quoiqu'il en soit, je souhaite depuis longtemps me remettre à "créer", à m'exprimer. Ce sera Ma Vraie bonne résolution.

Pour différentes raisons, un tas de "moi"est resté en sommeil, souvent asphyxié par une masse de considérations quotidiennes qui me bouchent la vue, l'esprit et même la parole. On appelle ça "le stress". Je suis une droguée du stress! Ma dose quotidienne, il me la faut, quitte à me la fabriquer...Un petit shoot et c'est l'anesthésie directe: on bouge à la vitesse d'un escargot, on évite de trop réfléchir à sa douleur, on ne se réveille pas vraiment...Contrairement à ce qu'on pourrait croire, cette drogue là est un luxe. On se gâche soi-même, on gâche sa créativité, ses capacités d'évolution. Je n'ai plus envie de me permettre ce luxe...Et j'ai le droit!

Longtemps, je me suis pensée comme une douée de la psychologie humaine. A bientôt 27 ans avec trois psychothérapies et des troubles alimentaires compulsifs sous le bras, je me dis que finalement, il en est peut-être un peu autrement! A défaut d'être douée, je suis sans doute assez représentative des "mal dans leur peau" créés pernicieusement par notre société, avec tout ce qu'elle comporte d'effrayant et de paralysant. J'ai aujourd'hui le recul nécessaire pour pouvoir en parler avec humour...En tous cas, j'ai soif d'apprendre, de comprendre, seule et avec les autres.

L'apprentissage de l'auto-bienveillance est un parcours semé de (grosses) embûches, mais il est juste. J'y suis, et j'y reste...

A la manière d'une Bridget Jones, j'ai envie de partager mon expérience de la vie intérieure, régulièrement, humblement, dans le respect de cette nature humaine si imparfaite, mais avec les "coups de gueule" salvateurs qu'elle impose. Ce sera mon témoignage, avec mes angoisses, mes doutes, mes délires, mes envies de changement, mes préoccupations, mes régressions, mes coups de foudre...Tout ceci dans le but d'approcher le sens profond de la vie et de me saisir de la liberté d'être Moi...